2009-12-25

Dieu & l'homme fort

Un jour, Jésus trouva sur son chemin un jeune homme en pleurs et lui demanda : "Qu'est-ce que tu as ?", l'homme répondit : "J'ai des yeux, mais je ne vois pas !" Jésus toucha ses yeux et rendit la vue à l'aveugle. Celui-ci, tout content, le remercia et repartit les yeux grands ouverts.

Un peu plus loin, Jésus aperçut une femme triste, recroquevillée sur elle-même. Il demanda : "Qu'est-ce qui ne va pas ?", la femme lui répondit : "J'ai des jambes, mais je ne peux marcher !" Jésus toucha ses genoux et rendit la mobilité à l'handicapée. Celle-ci se prosterna jusqu'à terre en le remerciant et repartit hardiment à pas joyeux sur sa route.

Peu après, Jésus croisa un homme dépité n'arrivant pas à sortir un seul mot de sa gorge; Jésus comprit vite sa détresse. Il toucha sa bouche et rendit la parole au muet. Celui-ci le remercia bruyamment puis reprit sa voie avec confiance.

Plus loin, Jésus vit un ancien homme fort, l'air abattu et lui demanda : "Comment allez-vous ?", le vieil homme lui répondit : "J'ai torturé et fait exécuter des centaines de milliers de gens sans aucun état d'âme. Maintenant je gouverne en maître absolu sur le Royaume de Toutes Les Merveilles, mais là rien ne va vraiment bien dans ma tête !" Jésus toucha son front, se mit à l'absoudre et rendit la paix à son esprit tourmenté. L'homme de pouvoir le remercia confusément et continua de plus belle à remplir sa fonction éminente avec beaucoup d'intérêts, sonnants et trébuchants.

Ensuite, Jésus rencontra un homme apparemment sans âge mais désemparé, cherchant timidement des yeux quelqu'un à qui parler, et lui demanda : "Quel est ton problème ?". L'homme répondit : "Je suis Cambodgien !" Jésus s'assit à côté de celui-ci et se mit à éclater en sanglots avec lui.


(Adaptation khmère, inspirée d'une histoire arménienne trans-générationnelle)

2009-12-07

Les Khmers sont-ils vraiment Bouddhistes ?

J'ai le plaisir de retransmettre le message, que je viens de recevoir ce matin, de Monsieur Ong Thong Hoeung auteur de l'ouvrage "J'ai cru aux Khmer Rouges", paru aux éditions Buchet/Chastel, le 5 septembre 2003, Paris, ISBN 978 2 283 01936 8, format 15 x 23 cm, 276 pages, 20 €. Le livre a été traduit en plusieurs langues et, actuellement épuisé chez l'éditeur.

Je souhaite souligner la pertinence de son analyse sur les "trois mécanismes : le nationalisme aveugle, une vision criminelle de l’histoire du type « la fin justifie les moyens » et l’exploitation du bouddhisme."

En voici le texte de Barbara Delbrouck,
http://www.apres-genocide-cambodge.com/ : 



Comment en est-on arrivé là ?


La vision d’un rescapé des camps de rééducation khmers rouges

Cambodge, « pays du sourire ». Difficile d’imaginer comment ce peuple si accueillant a pu en arriver à massacrer un quart de sa propre population. Ong Thong Hoeung, rescapé des camps de rééducation et témoin aux CETC, nous donne quelques clefs pour comprendre. Il met en lumière trois mécanismes : le nationalisme aveugle, une vision criminelle de l’histoire du type « la fin justifie les moyens » et l’exploitation du bouddhisme.


Nationalisme aveugle et vision criminelle de l’histoire

Quand on lui demande comment le génocide a pu se produire, Hoeung essaie de restituer la logique des lieutenants de Pol Pot : « Tout cambodgien, depuis qu’il a pris conscience de l’état de son pays, a peur qu’il disparaisse », explique-t-il. « Or, selon l’histoire, le Cambodge a été un pays glorieux par le passé. Donc comment faire pour le reconstruire et reconquérir ce glorieux passé ? Pol Pot vient simplement donner une réponse à cette interrogation : « Moi je vais construire un Cambodge mille fois plus prospère et puissant, mais pour y arriver, je dois sacrifier quelques personnes. »

Selon Hoeung, Pol Pot passe pour un très grand patriote auprès de ses lieutenants. C’est pourquoi ils pensent que « cela en vaut la peine ».

Hoeung condamne fermement ce principe de « la fin justifie les moyens ». C’est pour lui une vision criminelle de l’histoire, qui a été reprise par de nombreux dictateurs, notamment Hitler ou Staline. Et c’est en vertu de celui-ci que beaucoup de cambodgiens ont fermé les yeux sur quelques principes élémentaires.

« Il faut toujours faire attention ! Si on commence à violer la valeur humaine, ce n’est pas un monde meilleur qu’on construit, mais un génocide ! »


Exploitation du bouddhisme

Dans l’ouvrage « Cambodge année zéro », François Ponchaud explique que le génocide cambodgien ne s’est pas fait en dépit mais en raison de l’influence bouddhiste.

Hoeung réfute cette affirmation. Ce n’est pas la mentalité bouddhiste qui a mené les Cambodgiens à se laisser entrainer dans cette spirale, mais l’exploitation du bouddhisme.

« Le bouddhisme cambodgien est rituel. Il n’existe pas d’école bouddhique digne de ce nom. Mais selon la mentalité cambodgienne paysanne, si quelqu’un est chef, c’est parce qu’il a fait quelque chose de bien dans sa vie antérieure. C’est une question de karma. Il faut donc l’écouter. L’obéissance est au centre du schéma mental cambodgien. Et si le Cambodge ne se donne pas une éducation pour changer ça, rien ne changera. »

Selon Hoeung, on ne peut donc pas vraiment dire que le bouddhisme a eu une influence. « On ne sait pas ce qui se serait passé si les Cambodgiens étaient chrétiens ou musulmans ! » lance-t-il. L’histoire lui donne malheureusement raison, les génocides sont un phénomène mondial. L’horreur n’a pas de religion officielle.