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Tribune libre : Aniccha Veasna Kroursar Chau Két !
Notice légale : Dans l'élan de réflexion générale et de libre expression, nous publions des articles ayant une hauteur de vue intéressante dont le contenu, y compris le fond et la forme, relève entièrement de la seule responsabilité des auteurs et n'implique nullement notre approbation ou critique. Nous déclinons toute responsabilité quant aux opinions explicites ou implicites qui y sont exposées. La Rédaction de Bodhi Line.
Tribune libre : Aniccha Veasna Kroursar Chau Két !
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À propos des religions
Le bouddhisme, le christianisme, le judaïsme, le brahmanisme, l’islam, le confucianisme… toutes ces religions sont nées en Inde, en Chine ou au Proche-Orient. Aucune au Cambodge, aucune en Amérique du Nord ou du Sud, aucune en Europe. Donc par définition, elles sont toutes sans exception étrangères à ces régions.
Certaines sont plus ou moins mieux implantées que d’autres ici ou ailleurs mais cela ne justifie en aucune façon le haro sur le prosélytisme de fois « étrangères ». Porter un jugement sur d’autres religions ou sur la foi d’autres croyants est une chose lamentable, cruelle, dommageable et stupide.
Nous ne sommes plus au Moyen Âge
À l’époque de la globalisation, la circulation des idées est un phénomène inéluctable. Les opérateurs spirituels sont en compétition. Que le meilleur gagne ! Le choix doit rester libre avec la possibilité de l’exprimer. Avec toutefois des restrictions de bon sens contre les entreprises criminelles et sectaires : pas de bombes, pas d’achat d’âmes, pas d’incitation à la violence et à la haine. En un seul mot pas d’entreprise sectaire.
Rappelons-le, les critères de jugement ne se situent pas au niveau idéologique des croyants mais au niveau des agissements et des comportements qui sont contraires aux principes fondamentaux des droits de l’homme, à la dignité et à la liberté des personnes humaines.
Qu’est-ce qu’une secte ?
Une secte est une association dans laquelle on pratique :
« Une manipulation mentale qui entraîne : endoctrinement, contrôle de la pensée, viol psychique.
« Une manipulation mentale qui entraîne : endoctrinement, contrôle de la pensée, viol psychique.
Une destruction de la personne, sur un plan :
physique : alimentation carencée, manque de sommeil, travail intensif;
psychique : altération de la personnalité, du comportement et de l'esprit critique;
intellectuel : rétrécissement des champs de connaissances extérieures à la secte;
relationnel : régression des capacités de communication;
social : animosité totale envers le système global de la société;
Une destruction de la famille : critiques, attaques, injures, calomnies. Éloignement, rupture de la relation parents/enfants. Séparations, divorces.
Voire : une destruction de la société : soit en empêchant les adeptes de participer à la vie sociale et culturelle de leur pays, soit en demandant à des adeptes d'infiltrer tous les réseaux de la vie économique, politique.
Avec à la base : une escroquerie intellectuelle, morale et financière. »
Adapter le bouddhisme khmer à la modernité :
Pourquoi la question d’adapter le bouddhisme khmer (BK) à la modernité ? Le BK souffre d’un déficit de plusieurs siècles, plus particulièrement depuis l’époque des khmers rouges durant laquelle le bouddhisme rituel avec un amas de révélations et de rites sans trop de relation avec les textes originaux et la réalité a prévalu.
Pour adapter le BK à notre temps, il faut de la créativité et de l’intelligence. Il y va de la survie de notre culture. Il faut, à chaque période, forger les outils de réflexions propres aux enjeux contemporains, dans un double mouvement d’adaptation et d’accommodation adapté à la mentalité cambodgienne et à la modernité tout en respectant le message du Bouddha.
Une interprétation renouvelée du BK doit tenir compte de la vie aujourd’hui et surtout de l’apport du progrès des sciences humaines et sociales. Il faut bannir de notre pensée l’idée selon laquelle les sciences nées de l’étranger sont étrangères à notre culture.
Pour créer un État moderne, il faut séparer les religions et l’État en rompant le lien d’assujettissement entre religion et politique. Car si la religion contrôle la politique cela signifie que cette dernière n’est qu’un instrument d’asservissement et inversement quand la politique dicte la religion comme actuellement au Cambodge.
Ces deux univers doivent être clairement séparés, chacun dans son coin, chacun dans son rôle.
Pour renouveler le BK, il faut cesser d’apprendre par cœur et de copier aveuglément les anciens. Ce mimétisme est illusoire.
Loin du « désenchantement du monde » énoncé par Marcel Gauchet il y a un quart de siècle, nos sociétés connaissent un retour de la religiosité prévu par André Malraux. La politique identitaire, le nationalisme – à l’échelle locale, nationale, régionale, prennent le dessus. Ce retour est en partie la conséquence de la peur.
D’ailleurs si vous êtes un leader politique et que vous n’arrivez pas à vous faire une place, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. D’où les théories du complot.
Mais finalement les gens commencent à comprendre la nécessité de vivre ensemble : la coopération est plus bénéfique que la confrontation. Le racisme, le nationalisme est sur le déclin.
Personnellement, je préfère me tenir à l’écart autant que possible car ce débat est à mes yeux vraiment pervers. C’est une régression par rapport aux acquis de l’humanité.
La question qui se pose pour 2010 et pour tout le 21ème siècle est de savoir si nous sommes capables de ne plus fonctionner sur un mode conflictuel. La politique n’est pas une guerre civile permanente inéluctable entre amis et ennemis. Selon moi il faut transformer cette distinction entre amis et adversaires. La promotion de la tolérance est une des missions urgentes à remplir pour 2010.
Le développement de l’éducation :
L’injustice et l’ignorance sont deux fléaux répandus au Cambodge. Des fossés se creusent et s’approfondissent jusqu’au dialogue de sourds, amalgames et réactions violentes.
Jamais dans l’histoire, l’humanité n’a connu de période au cours de laquelle toutes les civilisations prospéraient ensemble. Aujourd’hui, il existe pourtant une solution : le développement de l’éducation.
Une utopie ? Comme Platon nous l’a enseigné, l’utopie est le feu avec lequel il nous faut jouer car c’est le seul moyen dont nous disposons pour sortir de ce que nous sommes. L’homme est un être qui doit avoir un projet en prenant comme idéal sa propre fin.
L’éducation mettra les sociétés arriérées et les sociétés prospères sur un pied d’égalité et elle leur permettra ainsi de récolter les fruits de la mondialisation.
Investir dans l’éducation c’est investir pour l’avenir. Il y a neuf ans, les Nations Unies et les Chefs d’États du monde entier se sont mis d’accord sur les objectifs du millénaire pour le développement en vue de réduire la pauvreté dans le monde. L’un des points forts pour réaliser cet objectif, c’est d’assurer que d’ici 2015 tous les enfants du monde entier, filles et garçons, pourront aller à l’école et terminer leurs études primaires.
Concrètement, il faut que tous puissent commencer à partir d’aujourd’hui pour finir dans cinq ans.
En ce qui concerne le Cambodge, je me refuse de croire qu’il est impossible de permettre à chaque petit cambodgien de s’instruire conformément aux Objectifs des millénaires des Nations Unies.
L’enseignement du mépris a assez duré, il est bien temps de passer à l’enseignement de l’estime.
Ong Thong Hoeung






















